Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 00:11

 

 

Tel était le titre de l'article du Télégramme du 6 Avril 2010 qui revenait sur le projet du centre et du sentier d'interprétation du Souc'h et Menez Drégan.

A l'origine de tout ceci, le site archéologique de Menez Dregan, la nécropole mégalithique de la pointe du Souc'h et l'Allée couverte de Menez Korriged.

Il s'agit là de sites préhistoriques de grandes importances. Que l'on souhaite les mettre encore plus en valeur n'est pas une mauvaise chose en soi, au contraire. Cependant la tournure que prend ce projet pharaonique augure mal de la suite.


Voici le projet tel qu'il nous l'est présenté par la municipalité :


<< Le parti pris est de proposer une offre culturelle et de loisir dans la commune de Plouhinec mais aussi de donner une plus-value culturelle à un sentier de randonnée existant, le GR34. L'objectif est également de donner de la visibilité et de la lisibilité au site de Menez Dregan à travers un aménagement paysager et une interprétation accessibles à tous, et ainsi informer et sensibiliser les visiteurs aux campagnes de fouilles et donc aux savoirs et compétences des archéologues. Le sentier d'interprétation permet d'aborder le paysage et son évolution suivant les phases climatiques et l'activité humaine. L'idée retenue est de découvrir les paysages à travers l'histoire. Des points seront matérialisés par des stations (voir ci-dessus), au nombre de huit. Le projet final devra être validé par le comité de pilotage. La phase 1 devra être terminée pour le 31décembre 2009. Cette opération représente un tiers du coût total, soit 198.445EUR HT. La commune a obtenu à ce jour 63.471EUR du PER (Pôle d'excellence rurale). >>

 

La municipalité avance qu'une grande partie de ce projet sera financé par des subventions territoriales ou autres. Mais qu'en est-il pour le moment ?


Ouest France

lundi 05 avril 2010

<<Le projet, en début d'étude d'un coût de 45 615 €, était estimé à 595 335 € HT dont 198 445 € pour le volet paysager, 396 890 € HT pour les travaux architecturaux et partie de scénographie. La commune a déjà versé 252 170 € pour la première tranche du centre interprétation du patrimoine archéologique ainsi que 15 000 € pour la tranche 2 du Souc'h. Cette année, les travaux prévus sur le site néolithique s'inscrivent en prévisionnel pour la commune, à hauteur de 37 750 € et la phase 2 du centre d'interprétation à 475 000 €.

Côté subventions, 37 500 € de la Drac sont en attente de la seconde tranche de travaux, la demande de 99 000 € au conseil général dans le cadre de contrat de territoire est en cours, la Région a confirmé l'apport de 68 110 €.

Dans le cadre de pôle excellence rurale 21 000 € sont en cours de versement, le plan de financement initial prévoit 63 471 € d'apport. Concernant la nécropole du Souc'h, 15 825 € de la Région ont été perçus, pas de réponse de la demande de 13 187 € au conseil général. Une participation de la DGE à hauteur de 62 500 € n'est pas accordée car elle ne peut se cumuler avec celle de la Drac. La subvention de l'agence de l'eau à hauteur de 87 265 € perçue pour le diagnostic des installations individuelles du Spanc n'ayant pas été budgétisée, elle devrait compenser l'absence du financement de la DGE.>>

 

 

Le projet final est donc estimé à près de 600 000 € HT (3,87 millions de francs). Et l'on a pu constater par le passé que parfois les coûts réels étaient sans commune mesure avec les prévisions (pourtant calculées à l'euro près à la base). J'ai en mémoire le coût de la mairie par exemple qui coûte "pour le moment" largement plus de deux fois le coût estimé.

Si l'on compte et soustrait les subventions perçues et confirmées, on en est encore à plus de 400 000 €. Quelques subventions vont probablement encore être accordées. Mais dans quelles proportions ? On sait fort bien que l'Etat et les collectivités territoriales ont un budget de plus en plus serré. A ce sujet, c'est le maire lui-même qui disait, dans un contexte plus général, je cite : <<De toute façon, il faudra compter de moins en moins sur les subventions.>>. Alors, est-il raisonnable de se lancer dans un projet aussi coûteux dans le contexte actuel que ce soit au niveau des emprunts de la commune, de l'imposition des Plouhinecois et des subventions accordées au compte-goutte ?

 

Près de 600 000 € HT ! Imaginez ce que l'on aurait pu réaliser avec cette somme !!

Je ne dis pas encore une fois qu'il ne fallait rien faire concernant Menez Dregan mais j'affirme par contre que la folie des grandeurs a encore présidé aux choix quant à la nature et aux coûts de ce projet. Une folie des grandeurs à la charge des Plouhinécois, et c'est bien là le problème.

 

Mais surtout qu'est-ce que cette dépense énorme va apporter à Plouhinec en terme de recettes ? Y aura t-il des visites ou entrées payantes à tel ou tel endroit ? Après tout on sait que le maire tient à coeur de faire payer aux capistes la visite de la Pointe du Raz. Cela va t'il attirer un nombre conséquent de touristes à Plouhinec ? Ces derniers décideront-ils de loger et de consommer plus à Plouhinec qu'ailleurs ? On pourra me reprocher mon approche essentiellement comptable d'un tel projet, mais enfin dépenser près de (ou +) de 600 000 € HT pour un projet qui flattera certainement certains égos mais n'apportera sans doute pas beaucoup de recettes à la commune me semble particulièrement excessif. 

 

Mais le coût final que cela représentera est une chose, les premiers éléments que l'on a pu voir en est une autre. Force est de constater que pour le moment les premiers effets visibles de ce vaste projet ne font pas l'unanimité. C'est le moins que l'on puisse dire. On pourrait me rétorquer qu'il y a toujours des esprits chagrins pour critiquer chaque projet. Mais je reprends un article du Télégramme (06/04/10) :


<<(...) Jacques Paul, quant à lui, est revenu sur l'aménagement du sentier d'interprétation de la pointe du Souc'h, qui provoque des inquiétudes chez certains citoyens : <<Le choix des matériaux est surprenant, les éléments ne sont pas insérés dans le site, il y a une réelle différence entre le projet voté et sa réalisation dans les faits.>> Il enfonce le clou, <<cette réalisation pose problème et apparaît même comme dangereuse à certains endroits >>.


<< ... et reconnait pour Le Souc'h

Le maire, embarrassé, a reconnu que lui aussi «se posait des questions» et que certains éléments n'étaient «pas jolis» tout en contestant une partie des arguments de Jacques Paul. Il a, en outre, indiqué qu'«une réunion est prévue le 7avril pour voir comment améliorer les choses.»


Ainsi, on commence par lancer un projet particulièrement onéreux, à dépenser des milliers d'euros pour finalement se rendre compte qu'il y a des problèmes, et être surpris par l'aspect que cela prend et constater même que ce n'est pas "joli". Ainsi, il fait partie du comité de pilotage, il lance un projet de plusieurs centaines de milliers d'euros et une fois que le travail est entamé, il s'interroge ?? Cela me rappelle un autre projet "ambitieux", celui du conservatoire des bouées où là encore, sans aucune consultation auprès de la population, la municipalité s'était lancée, dépensant comme de l'argent de poche les impôts des Plouhinécois (9 000 €). Et qu'en est-il de ce projet ? Les bouées continuent de rouiller.

 

Le maire Jean-Claude Hamon disait <<Il ne faut, cependant, pas oublier que si aujourd'hui certaines nécessités apparaissent en terme d'investissement, la gestion du quotidien démontre chaque jour que de nouvelles opportunités apparaissent régulièrement et le plus souvent elles sont imprévisibles et qu'il faut toujours être prêt à les saisir et à adapter le budget, si nécessaire, pour être prêt à y faire face.>>

Ce n'est pas la première fois que le maire emploie ce terme d'<< opportunités >> sur lesquelles il ne faut pas hésiter à se jeter. <<Avoir nos écoutilles ouvertes est indispensable. Il faut être prêt à saisir toutes les opportunités.>> écrivait-il encore dans un bulletin municipal. Le conservatoire de bouées et l'aire de pique-nique sur le blokhaus font partie de ces opportunités. Et comme, pour reprendre ses termes, chaque jour apparaissent de nouvelles opportunités, je me demande quelles seront les prochaines ?

 

 

Ouest France

samedi 27 mars 2010

<<Proche du petit phare de Pors-Poulhan, des bancs en granit et tables se sont installés, trois salons ont ainsi fait leurs places sur la côte. Il semblerait que le sentier d'interprétation du port jusqu'à la Pointe du Souc'h prenne le chemin d'un mécontentement. Des promeneurs regrettent amèrement la transformation des lieux, « en aire de pique-nique comme sur des autoroutes... ». Le bar-alimentation du petit port devient le bureau des doléances. Et certains de s'interroger sur la propreté des lieux à l'avenir, « il faudra aussi installer des poubelles, les tables risquent d'être dégradées... » et d'appréhender le piétinement sur le site. Certains jugent aussi dangereux, l'installation de ce salon sur le blockhaus, « il y aura aussi des barrières ? » Une grand-mère ne décolère pas, « mais qu'ont-ils fait à Pors-Poulhan? »


Comme je l'ai déjà dit précédemment, tout ce qui faisait le charme de Pors Poulhan c'était son côté simple et authentique. La bigoudène de pierre (sculpture de l'illustre René Quillivic) suffisait à lui apporter un prestige supplémentaire. Ce petit port historique avait échappé fort heureusement à un autre projet pharaonique et farfelu (le conservatoire des bouées). Mais il était écrit que Pors Poulhan devait être dénaturé. Le maire a voulu laisser son empreinte. Pors Poulhan, entre autres, en aura fait les frais.

 

Une petite anecdote : quand je suis allé voir et photographier l'aire de pique-nique sur le blockhaus de Pors Poulhan, il faisait un temps magnifique. J'y suis resté un bon moment et j'ai vu de nombreux touristes marcher le long de la côte à sa hauteur. Pas un seul ne s'est arrêté sur cette aire de pique-nique. Pas un seul ne s'est assis sur ces "bancs" de granit. J'étais même le seul à prendre des photos de ces chefs d'oeuvre d'art moderne. Les touristes photographes tournaient leur objectif vers la mer et le port.

 

Ouest France

lundi 29 mars 2010

<<Samedi, l'assemblée générale de Démel, l'association pour le développement maîtrisé des espaces littoraux de Plouhinec a pris une tournure improvisée. Une pontécrucienne, Françoise Decourchelles a alerté l'opinion sur la tournure que prenait le sentier d'interprétation de la Pointe du Souc'h à Pors-Poulhan. (voir Ouest-France du samedi 27 mars). Jacques Paul, le président, a rappelé qu'en conseil municipal, lui et élus d'opposition avaient approuvé la création du sentier d'interprétation pour une valorisation des sites archéologiques et aménagement de la maison Kerloch en muséographie, « une bonne idée sur la foi d'un dossier assez sommaire », reconnaît-il.

Un cabinet d'études de Brest avait été nommé pour mener à bien ce projet ainsi qu'un comité de pilotage constitué du maire Jean-Claude Hamon, ingénieurs du conseil général et direction générale des affaires culturelles de Bretagne, d'archéologue départemental et du CNRS, architecte des bâtiments de France, représentants de la préfecture, agence Ouest-Cornouaille de développement et office de tourisme de Plouhinec. « Le projet prend un aspect curieux et pose question. On voit fleurir sur un blockhaus des tables de pique-nique... », relève Jacques Paul, « C'est impressionnant ces volumes de granit et c'est beaucoup d'argent », ajoute-t-il pour le moins décontenancé. Selon Françoise Decourchelle, « ils n'ont rien compris, tout est dégradé et investir tant d'argent c'est cynique. Des aires de repos d'autoroute, trois tables sur un même site, des pupitres métalliques numérotés... Les archéologues travaillent avec des pinceaux et petites cuillères sur le site et eux à côté avec leurs gros sabots... ». Jacques Paul de s'interroger, « le conseil général et archéologues ont-ils été abusés par un projet trop léger ? » Et Françoise Decourchelles de répondre, « au niveau tonnage c'est pourtant pas mal !».>>



Le Télégramme

Vendredi 2 Avril 2010

(…) Samedi, à l'occasion de l'assemblée générale de l'association pour le Développement maîtrisé des espaces littoraux de Plouhinec (Demel). Françoise Decourchelles n'y est pas allé par quatre chemins.

<< Dénaturation >> et sens de l'investissement

<< Personne ne comprend : ce site a été le théâtre d'un travail minutieux des archéologues. Pour en arriver là aujourd'hui : une véritable dénaturation par les bulldozers >>, renchérit-elle. La militante enfonce le clou : <<Ce sont des investissements coûtants beaucoup d'argent pour un résultat catastrophique. C'est absolument cynique en ces temps de crise >>, martèle-t-elle devant l'auditoire.

<<Présentation sommaire>>

(…) Le président de Demel va même jusqu'à se demander si les bailleurs de fonds que sont la Région et le Département << n'ont pas été abusé sur ce projet >>

 

« mais qu'ont-ils fait à Pors-Poulhan? »

 

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Ca fait un peu piliers en inox rouge de table de bar...

 

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La peinture recouvrant ce pupitre métallique est décolée au centre. Y avait-il quelque chose de fixée et que l'on a enlevée ? 


 


 

 

Par l.cogan
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